Plus de logements et sans mitage

Avec l’acceptation de la LAT et l’augmentation constante de la population, la politique du logement est un véritable casse-tête pour les autorités cantonales. Ces dernières doivent fournir des plans relevant le défi de permettre l’offre d’un plus grand nombre de logements tout en minimisant l’impact sur le paysage.

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Jusqu’à présent, et spécialement suite à l’acceptation de la LAT, la stratégie adoptée recherche une densification dans les lieux déjà fortement construits. Le territoire est ainsi découpé en zones à bâtir, proches des villes et des villages et en zones non constructibles (agricoles, forêts, etc.) situées dans les régions périphériques et cultivées.

Néanmoins, la technique du découpage en zones ne tient pas automatiquement compte des réalités du terrain. Durant les dernières décennies, les hameaux et villages se sont agrandis au point de toucher de toute part les limites de zones non constructibles. Ces zones ne sont pas, pour autant, vierges de toutes constructions. Les exploitations agricoles ont besoin de bâtiments pour stocker des marchandises et des machines ou encore abriter les animaux.

Cependant, le paysage économique de l’agriculture change. Les plus petites exploitations se rassemblent ou sont rachetées dans des objectifs de rationalisation et d’industrialisation du secteur. Ce mouvement conduit à l’abandon ou la sous-utilisation de bâtiments existants dans des zones non constructibles pour du logement. Ces constructions déjà présentes et inutilisées pourraient être transformées en appartements sans porter atteinte au paysage.

De telles opportunités seraient profitables à toutes et tous. Elles accroitraient l’offre de logement dans un canton où la pénurie sévit fortement, conduisant à une augmentation généralisée des prix de l’immobilier. Pour les agriculteurs, disposer de locataires leur permettrait de générer des revenus supplémentaires et nécessaires en regard des difficultés économiques de la branche.

Fort de ce constat, le député PLR de Lavaux-Oron, Jean-Marc Genton, a déposé une motion pour que le gouvernement vaudois envisage d’adapter le plan directeur cantonal aux réalités exprimées ci-dessus. Le dépôt de cette motion correspond avec les espoirs d’un changement de cap politique suite aux remaniements des directions de départements au sein du Conseil d’Etat. Effectivement, la PLR Jacqueline De Quattro reprendra la charge de l’aménagement du territoire dès 2014. Ces deux événements, ainsi que d’autres, s’inscrivent dans la droite ligne du PLR qui insistait sur sa volonté d’agir pour le logement lors de sa rentrée politique cet été.

Espérons que Mme. De Quattro pourra mettre de l’ordre au sein du Service du développement du territorial (SDT) dont l’action est réputée pour son arbitraire et son incohérence vis-à-vis des besoins de la population; le cas de l’Auberge du Rosex étant un exemple parmis d’autres. Sans une politique d’aménagement du territoire cohérente, réfléchie et respectant la volonté populaire, le secteur de l’immobilier est condamné dans le canton de Vaud. Il va de soit que les victimes ne seront pas les gérances, ni les propriétaires existants, mais bel et bien celles et ceux qui cherchent simplement à se loger.

Cet article a été publié dans Politique générale.
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