Revenu de base: belles salades de printemps

Version revue de mon article originellement écrit pour le Mouvement pour la Liberté.

L’initiative populaire pour un revenu de base a atteint les 126’000 signatures et commence à faire débat sur la place publique. L’émission de la RTS nous apprend que les milieux syndicaux et les partis de droite rejettent fermement l’initiative. Certains élus de gauche ne sont pas tendre avec non plus.

En observant les communications des différents acteurs, je constate que tant l’opposition à l’initiative que les initiants tombent dans les arguments utilitaristes et les paroles superficielles. Ce sont souvent des suppositions sur les effets sur le travail et l’incitation à “ne rien faire”, ou encore des questions quant aux montants colossaux pour financer un revenue de base théorique de 2’500 CHF. Cependant, personne ne semble vouloir analyser les phénomènes économiques qui sont en jeux et qui pourraient, pourtant, apporter un éclairage salvateur sur cette initiative.

La proposition pour un “Revenu de base inconditionnel” a le mérite d’ouvrir une réflexion sur le fonctionnement de notre Etat providence et de la redistribution des richesses au sein de la société. Cependant, en estimant que la vie donne automatiquement droit à un revenu pécuniaire, elle occulte les concepts de production de richesse, de nature du salaire et de la monnaie

revenu_universel

Prenons un exemple simple: un jardin potager et des salades. Pour illustrer l’exemple, je vais faire appel à mes amis Alice, Bob et Charles.

Cultiver un potager est un travail en soi. Bob y passe du temps et cela lui demande des efforts physiques, voire intellectuels. Pour tout ce travail, il ne touche pas un centime. « Injustice que voilà ! », vous diront les initiants. Ils appliquent à la lettre la fameuse maxime « Tout travail mérite salaire » et estiment que le revenu de base couvrira le salaire de toutes ces petites choses de la vie courante, des travaux bénévoles, etc.

Alice ne souhaite pas entretenir son jardin elle-même. Elle demande à Charles de le faire. Il lui rend volontiers ce service, mais demande, en contrepartie, à être payé et perçoit un salaire au sens commun du terme. L’exemple montre qu’un salaire est le résultat de la vente de son propre temps et de ses ressources intellectuelles ou physiques à autrui.

Pour pouvoir payer Charles, Alice passe le temps qu’elle n’a pas utilisé pour le jardinage à réaliser d’autres activités. Ces dernières doivent lui rapporter au minimum de quoi fournir le salaire promis. Admettons qu’elle profite d’accumuler des heures supplémentaires dans son travail. Son propre salaire horaire couvre les frais de Charles et lui laisse un léger bénéfice en prime.

Au final, Bob a passé du temps et se retrouve avec des salades à manger. Alice a payé quelqu’un, mais se retrouve avec des salades et des fonds supplémentaires. Charles, rendant des services de jardinage à plusieurs personnes, mais n’appréciant pas les légumes, ira acheter des steaks au marché.

L’analyse et la description des échanges économiques deviennent rapidement complexes, ce qui me force à borner ma démonstration à la culture des salades et à laisser de côté, le travail d’Alice, le boucher de Charles ou encore les investissements pour mettre en place les jardins.

Alice et Bob se retrouvent les deux avec une richesse créée et très vite consommée, une salade. Bob l’a produite, lui-même. Alice a effectué un autre travail et perçu de l’argent qu’elle a dû partiellement dépenser pour Charles. Pour Alice, l’argent n’a servi que d’intermédiaire afin de produire la richesse qui reste une salade.

L’exemple montre ainsi que Bob a déjà perçu son salaire puisqu’il a obtenu une salade tout comme Alice. Cette dernière a simplement encaissé un salaire plus important que Bob, car elle réalisait un travail plus rémunérateur pendant que Charles produisait la salade pour elle.

Il n’y a donc aucune injustice. L’exemple peut être répliqué sur tout un tas d’autres services courants, certains ne produisant pas vraiment de richesses perceptibles (faire le ménage par exemple). Il n’empêche que, se rendre service à soi même, c’est déjà toucher son salaire puisqu’on bénéficie directement de la richesse produite

L’argent, dans tout ça, reste un intermédiaire pour permettre aux gens d’échanger des services entre eux. Par exemple, Charles étant carnivore, mais ne sachant cultiver que des jardins, échange des services avec Alice. Il s’occupe de son jardin, elle lui vend de l’argent qu’il peut vendre au boucher contre son steak. De là, il découle qu’en tant qu’intermédiaire, l’argent devient lui-même une richesse et comme nous l’avons vu, il faut produire la richesse.

Ce principe de base restera même si on étend le système à toute une communauté, un pays, un continent, le monde ou même des échanges intergalactiques.

Ce principe, c’est celui qui ne rend soudainement plus le revenu de base inconditionnel si inconditionnel que ça. Pour pouvoir distribuer à tout le monde le revenu, il faut produire la richesse qu’il représente. Sans ça, le revenu prend la forme de petits billets imprimés avec des jolis dessins, mais qui ne valent … rien.

Les initiants proposent ainsi différents modes de financement jouant grosso modo sur l’impôt à la consommation (TVA) ou l’impôt sur le revenu (IFD) … c’est en réalité les deux faces d’une même pièce. Reprenons nos trois personnes en système fermé et finançons un revenu de base par l’impôt sur le revenu pour terminer la preuve.

Dans un premier temps, la caisse de distribution du revenu, appelée Etat, est vide. Deux choix s’imposent pour Etat. Il emprunte pour verser immédiatement le revenu ou il perçoit un impôt initial. Etat étant prudent, il décide d’applique la seconde solution, ne voulant pas s’encombrer de dettes et d’intérêts.

Etat ne peut pas imposer les salades de Bob, donc il doit trouver de quoi payer 3 revenus de base auprès uniquement d’Alice et de Charles. Ensuite seulement, il distribuera le revenu fixe.

La terrible réalité se dessine. Non seulement le revenu inconditionnel d’Alice n’est rien d’autre qu’une part du fruit de son travail pris par Etat et qui lui est ensuite rendu, mais en plus, une autre part de son travail est prise pour être donnée à Bob. Il en va de même pour Charles.

Résultat des courses. Alice aura toujours produit une richesse plus importante qu’une simple salade, mais se retrouve avec une salade et moins d’argent que prévu. Bob aura toujours produit qu’une salade, mais se retrouvera avec une salade et une part de l’argent d’Alice et de Charles.

Je laisse au lecteur le soin de réaliser l’exercice si Etat décide de choisir la voie de l’emprunt.

Même si l’économie est plus compliquée que l’exposé ci-dessus, les principes universels restent valables en tout temps. Vous pouvez étendre la démonstration à tous les domaines de l’économie, il n’en reste pas moins que le revenu de base n’est pas un revenu de base, il n’est pas inconditionnel ni universel, c’est un simple mécanisme de redistribution de l’Etat.

Les initiants auraient mieux fait d’appeler directement un chat, un chat et de faire une initiative pour un impôt négatif. Concept théorisé depuis longtemps par des économistes qui voyaient là un moyen de se débarrasser des assurances sociales et ainsi de simplifier grandement le système distributif de l’Etat.

C’est une volonté plus que louable, à laquelle je souscrirais s’il ne restait pas un noeud à résoudre:

L’injustice justice sociale du fait que Bob perçoit l’argent des autres sans être réellement dans le besoin.

Pour cela, une solution serait de revoir le concept d’impôt négatif pour prendre en compte l’épargne accumulée dans le passé. Cependant, cette solution n’est pas facilement applicable dans les limites du respect de la sphère privée. J’exposerai prochainement un développement de l’idée d’abandon de l’Etat social au profit d’un impôt négatif ajusté contre le phénomène du passager clandestin que représente Bob.

Cet article a été publié dans Economie, Politique générale.
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18 Commentaires

  1. Raphaël Bovey
    Publié le 18 novembre 2013 à 5:19 | Permalien

    Un documentaire bien conçu qui détaille les nombreux aspects et enjeux du Revenu de Base Inconditionnel : http://youtu.be/-cwdVDcm-Z0

  2. martial garcia
    Publié le 18 novembre 2013 à 5:36 | Permalien

    Désolé, je comprends vos craintes, mais les salades, c’est plutôt ce qu’essaie de vous faire avaler cet article.
    L’utopie n’est pas le revenu de base, l’utopie est de croire à une croissance infinie dans un monde fini.
    Ce système va dans le mur et l’initiative en faveur du revenu de base a au moins le mérite d’ouvrir le débat sur une autre façon d’envisager l’avenir pour nos enfants.

    • admin
      Publié le 18 novembre 2013 à 5:48 | Permalien

      Bonjour,

      Je ne crois pas avoir dit que le RB était une utopie et encore moins avoir cru à une croissance infinie dans un monde fini. A ce propos, je me suis exprimé sur la question de la croissance il y’a quelques temps: http://bit.ly/19sbzHh.

      Je vous rejoins parfaitement, l’initiative à le mérite d’ouvrir le débat. Un débat plus que nécessaire. Malheureusement, tant les initiants que les opposants classiques ne poussent pas suffisamment loin la réflexion sur tous les aspects du système qui sont impactés par sa mise en oeuvre.

      Cordialement,
      Jérémy Berthet

      • bernard
        Publié le 18 novembre 2013 à 6:44 | Permalien

        Si vous voulez vraiment étudier la problématique, allez au fond du raisonnement avant de tirer des conclusions.

        Par exemple, dans un jardin, ce sont les forces de la nature qui travaillent pour faire pousser une salade, le travail humain est anecdotique à coté.

        BOB peut survivre parce qu’il a un jardin, mais qui possède un jardin en Suisse aujourd’hui ? Dans le cas commun, la survie est impossible sans un minimum de monnaie.

        Qui a reçu en premier la monnaie qui semble circuler par magie dans votre exemple ?

        Tant que votre exemple ne traite pas le démarrage du système, c’est un tour de magie auquel vous faites dire ce que vous voulez.

        La question de fond est bien : a-t-on le droit de vivre, dans une société où il est impossible de vivre sans monnaie ? Répondre oui, c’est répondre OUI au Revenu de Base Inconditionnel.

        • admin
          Publié le 19 novembre 2013 à 6:42 | Permalien

          Bonjour,

          L’exemple de la salade est symbolique, peut importe l’effort humain réel nécessaire pour la faire pousser.

          Concernant la monnaie et l’origine du système. Il est assez difficile de remonter à plusieurs milliers d’années et à la naissance des premiers échanges entre être humains et donc des premières création de richesse.

          Cependant, la question de fond est: comment se fait-il que nous soyons dans une société où il est pratiquement impossible de vivre sans monnaie ? Au delà d’une critique du revenu de base, l’article ouvre l’espace à une discussion générale sur le système monétaire d’aujourd’hui. Un système centralisé, sous contrôle direct des états, reposant sur … des dettes et donc des intérêts, d’où la naissance d’un besoin constant de trouver de la monnaie pour payer les intérêts des dettes, et ce à tout les niveaux.

          Revisez le système monétaire, et il n’y aura peut être même plus besoin d’envisager un RBI.

          Cordialement,
          Jérémy Berthet

          • bernard
            Publié le 20 novembre 2013 à 1:15 | Permalien

            Il ne s’agit alors plus d’envisager le RBI, le RBI existe déjà par la création monétaire “ex-nihilo”, mais ce sont les banques qui le reçoive. Il s’agit donc bien de le distribuer : 231 milliards de Fr de création monétaire en 2012, c’est 2346Fr par mois et par habitant bébé compris.
            Pas très loin des 2500 Fr. évoqués, sans toucher aux revenus du travail réel, et en corrigeant les effets pervers de la location illégitime de notre monnaie détournée.

          • admin
            Publié le 20 novembre 2013 à 7:07 | Permalien

            La création monétaire n’est pas de la création de richesse. L’action des banques nationales qui font marcher la planche à billet sans retenue est doublement condamnable.

            1. Comme vous le dite, l’argent n’arrive que dans les coffres des banques commerciales => ne sert à rien
            2. La création monétaire provoque une inflation des prix qui finira par détruire de manière violente l’épargne => appauvrissement généralisé de la population

            Si vous espérez financer le revenu de base par la création monétaire, vous vous retrouverez rapidement avec une dévaluation de la monnaie, donc une inflation des prix qui annulent tout bonnement l’effet escompté.

  3. Publié le 18 novembre 2013 à 6:38 | Permalien

    Merci d’avoir pris du temps pour tenter de comprendre le principe du revenu de base inconditionnel. Mais je découvre dans votre article quelques biais de raisonnement que je me dois de corriger.

    Je commence par l’anecdotique… On reconnait bien l’ingénieur en voyant l’exemple avec Alice et Bob… mais en général… le méchant dans l’histoire ce n’est pas Bob.. c’est plutôt Charly le “man in the middle”. ;-)

    Mais bon trêve de plaisanterie, il y a d’autre erreurs plus grave.
    Tout d’abord il faut préciser que l’initiative ne parle en aucun cas du financement. Seul le principe est évoqué. Ainsi on peut faire tous les scénarios que l’on veut. Il n’est pas certain que ce soit juste.

    En Alaska il existe un revenu citoyen qui est basé sur les rentes des ressources naturelles. Personne ne vole d’argent à personne…. Donc… c’est de la richesse qui est là gratuitement. Sans aucun travail à faire… et ceci est valable partout même dans l’espace intergalactique !

    Bon.. il est vrai que la suisse n’a pas autant de pétrole que l’Alaska… mais par contre une part énorme de matière premières transitent financièrement par la suisse… Donc si le peuple suisse décide d’avoir sa part du gâteau… ce n’est pas impossible… mais ce n’est pas tellement le scénario proposé.

    Donc effectivement, on tombe très vite dans un mécanisme de redistribution de la richesse du peuple suisse. En gros on peut dire que c’est le PIB. Donc 600 milliards par an.

    Pour payer un revenu de base de 2500.- CHF par mois par adulte, nous avons besoin de 200 milliards. Donc le tiers du PIB. C’est pas énorme.
    Quelle est la proportion de la population qui peut prétendre assurer tous ses besoins de base pour vivre avec uniquement un tiers de ses revenus et garder les 2 tiers comme argent de poche pour se faire plaisir ?
    Puisque vous parlez souvent de justice et d’injustice. Est-ce que cette société actuelle qui réparti si mal les richesses est juste ?

    Nous ne sommes plus en mode survie. Notre société actuelle sur-produit… puis par de la manipulation mentale appelée publicité on nous force à sur-consommer ce qui a été produit en trop…
    Donc la richesse produite est largement supérieur à nos besoins. On peut donc se permettre sans risque de donner une partie à celui qui ne produit pas de richesse monétaire. (à Bob) (Il faut bien de l’argent pour consommer aussi.. ça fait partie du système !)

    Dans votre exemple, Bob vit en autarcie, il cultive ses propres salades qu’il mange… Mais vous oubliez de préciser qu’il élève aussi lui-même ses enfants à la maison. Ainsi il ne les mets pas à la crèche toute la journée.

    En revanche, Charles pendant qu’il va s’occuper du jardin d’Alice va mettre ses enfants à la crèche. Comme il n’est pas riche, il mange un cervelas à la place de son steak et paye une partie de la crèche. Mais comme ce n’est pas assez, c’est la commune qui va mettre le complément pour payer la crèche. … et comme ni Bob, ni Charles n’ont les moyens de payer beaucoup d’impôts… c’est finalement Alice qui paye aussi la crèche à l’aide des impôts qu’elle paye à la commune.

    Voilà un scénario qui est plus proche de la réalité des familles de ce pays. Actuellement, il faut 1.6 salaires en suisse pour faire vivre une famille !

    Donc finalement… Bob qui évite de mettre ses gosses à la crèche coûte moins cher à Alice que Charles… Le revenu de base inconditionnel peut permettre à de nombreuses familles de moins recourir aux crèches.. et de faire baisser les impôts d’Alice…
    Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup…. le grand père qui doit aller dans un EMS.. alors qu’il pourrait rester à la maison…
    .. et pour tous ces problème on a inventé des assurances sociales… et engagé des fonctionnaires pour savoir si vous avez droit à cette assurance complémentaire… à cette allocation…
    Nous vivons déjà dans un système de redistribution des richesses.. mais il n’est pas efficace et coûte cher.

    Le revenu de base permet doublement de faire baisser les impôts d’Alice.. vu qu’elle n’aura pas non plus à payer ces fonctionnaires inutiles.

    Et bonus… Bob qui vit en autarcie reçoit maintenant un revenu de base… du coup il peut louer une place au marché pour vendre ses salades ce qu’il ne pouvait pas faire avant… du coup il a des salades et de l’argent !

    Le revenu de base fonctionne. C’est un système simple, sans bureaucratie lourde. Il est globalement juste. Il incite à l’entrepreneuriat.

    • admin
      Publié le 19 novembre 2013 à 7:10 | Permalien

      Bonjour,

      Tout d’abord il faut préciser que l’initiative ne parle en aucun cas du financement. Seul le principe est évoqué.

      Tout à fait, c’est pour cela que j’ai dit “les initiants proposent différents modes” … après il y’en a pas 15’000 de possible des financements. Notez que quelque soit le mode de financement, le principe d’un prélèvement redistributif aveugle reste.

      Pour l’Alska, il faudrait que j’étudie cet exemple précis. Par intuition, je ne suis pas certains que les propriétaires des terrains proposant les ressources naturelles en question aient la même vision que vous. Ou alors ces terrains sont propriété commune des populations d’Alaska (appartenant à l’Etat par exemple) et donc la population obtient des rentes de propriété et d’exploitation (les ressources naturelles, il faut les extraire ou les transporter, c’est à ce moment que la création de richesse se produit).

      Quelle est la proportion de la population qui peut prétendre assurer tous ses besoins de base pour vivre avec uniquement un tiers de ses revenus et garder les 2 tiers comme argent de poche pour se faire plaisir ?

      Nous risquons d’avoir 8 Mio de réponses différentes :)

      Puisque vous parlez souvent de justice et d’injustice. Est-ce que cette société actuelle qui réparti si mal les richesses est juste ?

      Non, la société actuelle est loin d’être juste. Cependant, une construction artificielle supplémentaire par dessus une société injuste ne garanti pas de la rendre juste, ou même plus juste.

      Accessoirement, prendre à ceux qui ont pour donner à ceux qui n’ont pas sans l’accord des premiers, c’est du vol, même si c’est réalisé dans un but caritatif. Le vol n’est pas la justice.

      Votre raisonnement sur la production ne tient pas tout à fait. Pour prendre à ceux qui ont produit plus de richesse que nécessaire, il faut tout de même qu’ils aient pu échanger ces richesses contre du monétaire. Si ces richesses ont été échangée alors c’est qu’elles n’étaient pas surproduite.

      L’exemple se voulait volontairement réduit à un système simple de 3 agents économiques. Rajouter l’entretien de familles, etc … aurait nécessité un livre complet :) J’ai bien envie de vous répondre “Commencez par libérer le marché des crèches et nous verrons si Charles ne peut vraiment pas y mettre ses enfants” … aujourd’hui, une réalité en Suisse, c’est que les crèches et la garde d’enfant de manière générale est bien trop chère car surèglementé, en particulier au niveau des exigences en terme de formation des personne voulant s’occuper d’enfants.

      Pour la simplification du système social induite par le revenu de base ou les autres formes d’impôt négatif, je vous rejoins parfaitement. Après tout, si vous lisez bien, l’article n’est pas une attaque frontale et sans concession de la proposition de RBI, mais bien une critique d’un des points faible de ce dernier.

      Cordialement,
      Jérémy Berthet

  4. Antoine
    Publié le 18 novembre 2013 à 10:02 | Permalien

    eh bien je savais que le revenu de base porterait ses fruits pour soulever le débat mais de là à entendre tant de salades…

    De dire que Charles (le valeureux jardinier) et Aline (la femme talentueuse et courageuse) gagneront autant que Bob (le bobo profiteur) est la goutte d’eau qui fait monter la mayonnaise.

    Dans la proposition du revenu de base, le travail sera un choix, dès lors ceux qui le choisissent, et je serais l’un deux comme plus de 80% des personnes interrogées sur ce sujet, le feront en pleine conscience et toujours libre de ne pas travailler si l’idée d’une redistribution des richesses équitable leur fait trop mal aux dents. De plus l’argument est fallacieux car une personne qui décidera de faire ce qui lui plaît en travaillant gagnera évidemment d’avantage que celui qui décide de ne rien faire. Mais pour tout vous dire, je suis assez certain que Bob, esseulé dans son jardin ne tardera pas à inviter Aline et Charles pour leur offrir une magnifique salade à la fin de leur dur journée de labeur. La gratitude, c’est le sel de la vie mais pour cela il faut crée une société qui reconnaisse la valeur intrinsèque de chacun et de manière inconditionnel, et c’est précisément le but du revenu de base.

    Sur ce, bon appétit bien sur!!!

    lle occulte les concepts de production de richesse, de nature du salaire et de la monnaie

    • admin
      Publié le 19 novembre 2013 à 7:24 | Permalien

      Bonjour,

      Vous me faites, ainsi qu’à mes 3 personnages, un procès d’intention. Je n’ai pas prétendu, et ne prétend pas que Bob soit un “bobo profiteur”, ni qu’il profite du système en toute connaissance de cause. De même, Alice peut très bien être une top-manager exécrable avec ses employés et puis Charles … ok c’est le valeureux jardinier carnivore :)

      Je me défend d’avoir un quelconque à priori sur la motivation au travail suite à l’instauration du RBI. Je sais que c’est indiqué PLR en haut du blog, mais cela ne signifie pas que je rejoins aveuglément la position et l’argumentaire du parti.

      L’article se veut neutre de ce point de vue en analysant uniquement les choses du point de vue des échanges économique et des transferts de richesses. Il met en avant un problème de mise en oeuvre de l’initiative du revenu de base qui a une forte probabilité de créer un phénomène de passager clandestin. Ce phénomène est, à mes yeux, une injustice.

      La gratitude, c’est le sel de la vie mais pour cela il faut crée une société qui reconnaisse la valeur intrinsèque de chacun et de manière inconditionnel, et c’est précisément le but du revenu de base.

      La société n’étant pas un être capable de penser, ni d’émettre des opinions, je crains qu’elle ne reconnaisse pas grand chose, avec ou sans revenu de base.

      Cordialement,
      Jérémy Berthet

  5. Antoine
    Publié le 18 novembre 2013 à 10:21 | Permalien

    la dernière phrase ne devait évidemment pas figurer dans mon commentaire, c’est une coquille d’œuf! ;-)

  6. johan
    Publié le 19 novembre 2013 à 2:56 | Permalien

    ben moi je suis pour cette initiative :)

  7. Publié le 19 novembre 2013 à 9:41 | Permalien

    Comme tu dis, ça a le mérite d’ouvrir le débat.
    La plupart des gens qui parlent de ce revenu de base n’appliquent aucune réflexion critique sur la question, comme si cet argent allait tomber du ciel. Je préfère alors le système du SEL qui a le mérite d’un échange de valeurs.
    Le système actuel fonce droit dans le mur, mais le RU n’est pas la solution. Il finira par créer plus d’écarts…
    Je vois déjà d’ici les cas du genre: Robert qui se suffit de 1000 euro/mois et Mireille qui a tout dépensé après dix 10 jours et en vient à mendier de l’argent. Viendra un jour où certains “bienfaiseurs” diront qu’il faut aider Mireille, et blablabli bablabla… Et on ira frapper chez Pierre qui a ses 1000 euro + les 1000 qu’il gagne en plus de son travail. On n’ira pas chez Robert par contre! => le message sous-jacent = n’essayez pas de faire plus même si vous le voulez vraiment parce qu’in fine ça ne vous appartiendra pas.

    Le RU n’est pas une solution CAR ce dont le monde a besoin, c’est un changement de mentalité! Offrir un RU (tiens et les africains?) avec la mentalité d’aujourd’hui (= “j’ai droit à…”) c’est chercher les problèmes.

    Enfin, peut-être qu’en Suisse c’est différent. C’est vrai que l’état d’esprit y est peut-être plus prospère…

    ps: tu devrais mettre un plugin pour s’abonner aux commentaires ;)

    • bernard
      Publié le 20 novembre 2013 à 1:23 | Permalien

      Si “SEL” est bien une référence aux monnaies de type Système d’Échange Local, alors les SEL créent de fait un RBI, en distribuant à chacun un crédit réciproque initial.

      Il suffit de faire augmenter ce crédit réciproque chaque mois, par exemple de 1%, pour obtenir un RBI mensuel, ce qui définit un système monétaire basé sur les humains et leur capacité de travail et d’invention.

  8. martial garcia
    Publié le 20 novembre 2013 à 9:09 | Permalien

    Tous les partis politiques traditionnels ont une première approche négative face au revenu de base. Je tiens donc ici à remercier l’auteur de l’article pour son ouverture d’esprit suite aux commentaires reçus.
    Le dialogue et la recherche de solutions tous ensemble est le bon chemin. Le RBI est vraiment une solution novatrice et intéressante. Parlons-en!

  9. Philippe
    Publié le 20 novembre 2013 à 10:29 | Permalien

    Bel échange ! Comme quoi le débat peut se construire autour de cette idée adaptée à son temps.
    Merci à l’auteur de l’article et aux différents intervenants :)

    Espérons que le débat s’intensifiera jusque au sein des organes des différents partis, afin de laisser une chance à cette nouvelle approche. Le Conseil fédéral dispose d’une année pour consulter les partis politiques et rendre un avis, avant de transmettre au parlement. Gageons que les personnes sensibles aux opportunités offertes par ce véritable et unique projet de société engagent les appareils politiques à ne pas rejeter en bloc l’initiative, mais formulent plutôt les conditions pour quelle devienne acceptable pour tous !

  10. bernard
    Publié le 21 novembre 2013 à 2:19 | Permalien

    admin a écrit : “La création monétaire n’est pas de la création de richesse.”

    Effectivement, c’est seulement un droit à recevoir des richesses. C’est la base de l’investissement.

    admin a écrit : ” L’action des banques nationales qui font marcher la planche à billet sans retenue est doublement condamnable.”

    Le problème, c’est que ce ne sont pas les banques nationales qui créent les unités de monnaie : ce sont bien les banques privées. Le Franc suisses a été privatisé en 1999, dans la nouvelle constitution.

    Et le problème n’est pas l’inflation des prix : avec 16% d’inflation monétaire en 2012, il n’y a pas eu d’inflation des prix. Le problème est que cela est de fait un impot invisible, qui permet aux emetteurs de la nouvelle monnaie de prélever les richesses économiques.

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