L’esprit de la loi frappe encore…

L’article « La forêt oubliée… », paru dans le journal le Régional, est révélateur des méfaits de l’inflation législative que nous subissons continuellement depuis des années. C’est avec bonheur que j’ai appris que nos frétillants fonctionnaires fédéraux ont réussi à nous pondre une « Loi sur les forêts », il y’a 20 ans.

Il est encore plus intéressant de constater qu’un savant bureaucrate cantonal a pu déterminer, certainement suite à un calcul que le bas peuple ne pourrait comprendre, qu’une distance respectée de 10m est indispensable pour le bien-être des arbres. Nos amis végétaux doivent certainement lui en être reconnaissants.

En attendant, c’est certainement quelques millions des investissements prévus qui seront partis en fumées si aucune solution n’est trouvée pour les bâtiments mort-nés. Et pendant que tout le beau monde impliqué dans le projet, du fonctionnaire à l’ingénieur forestier, en passant par la municipalité, se renvoie la balle de la responsabilité, que l’architecte accuse « pas de chance », personne ne songe deux minutes à remettre en cause la Loi elle-même.

Il est évident qu’avec 0.5% de logement vacant dans le canton, il était obligatoire d’appliquer à la lettre la Loi, aussi peu pertinente soit-elle. Une de ses multiples lois et règles sans valeur ajoutée qui pourrissent la vie de tous les citoyens qui ne demandent qu’une chose : Construire des logements.

J’espère que le citoyen en question se souviendra de cet épisode lorsqu’il remplira, prochainement, son bulletin de vote pour de nouvelles lois bien ficelées. Car, si une innocente « Loi sur les forêts » a pu causer autant de dégât, quels cataclysmes pourraient bien causer « Sauver Lavaux 3 », l’initiative sur le paysage, ou encore la révision de la « Loi sur l’aménagement du territoire » ?

Cet article a été publié dans Coup de gueule, Loi sur Lavaux.
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3 Commentaires

  1. Publié le 19 octobre 2012 à 6:08 | Permalien

    hm, les 10 mètres, c’est plus une question de sécurité pour éviter qu’un arbre ne se retrouve sur ton lit un lendemain de tempête…
    Mettre en avant le manque de logement (avéré, je ne conteste pas) pour bypasser des mesures de sécurité, c’est un peu gros, quand même ;).
    C’est un oubli grossier de la part des promoteurs, faut avouer tout de même…

    • admin
      Publié le 19 octobre 2012 à 6:38 | Permalien

      C’est justement si tu te retrouves avec un arbre sur ton lit que ça devient un oubli grossier du promoteur ou d’un quelconque responsables de construction. Il y’a des gens dont c’est le métier d’évaluer ce genre de risque, fixer arbitrairement 10 mètre, c’est ridicule … pourquoi pas 5 m ? 15 m ? 20 m ? A la limite, on aurait écrit, dans la loi, “Les constructions en bordure de zone végétales sont réalisées dans le respect de la sécurité des occupants”, ça aurait été plus malin. Le service cantonal, en cas de doute, viendrait évaluer sur place plutôt que de prendre sa règle et dire “Boum, 9.5 m, vous pouvez pas construire monsieur !”.

      A force d’avoir 15’000 règlements, lois et plans d’affectations, je peux comprendre que finalement le promoteur en arrive à oublier des points … Sur ce coup, on est vraiment dans l’ordre du fait divers qui fait sourire et je ne doute à aucun moment que M. Richter va trouver une solution au problème. Mais je pense que c’est important de mettre en avant ce qui se cache un peu derrière, histoire de rappeler aux gens que sans souplesse dans l’application et peu de réflexion dans la construction des lois, on fini par créer plus de problème qu’on espérait en résoudre initialement.

  2. Charly Pache
    Publié le 20 octobre 2012 à 2:40 | Permalien

    Ce qui est ridicule, c’est que si c’est si dangereux, on devrait couper toute végétation dans un périmètre de 10m autour de tous les bâtiments existants.

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